
Dans le cadre du projet Archipelagos, porté par ATLAS et co-financé par l’Union Européenne, la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et La Sofia, le traducteur Mateo Pierre Avit Ferrero a effectué une résidence d’exploration au CITL, afin de rechercher des auteur·ice·s francophones à traduire en espagnol.
Nous vous proposons de découvrir son parcours et ses recherches lors de son séjour à Arles.
Comment est la vie à Arles ? As-tu pu profiter des évènements culturels et artistiques qu’elle propose ?
J’adore Arles. En 2022, à l’occasion de l’atelier ViceVersa, j’y avais séjourné pendant une semaine, mais n’avais pas pu visiter la ville comme j’aurais voulu à cause du programme un peu serré. Cette fois, sans contraintes, j’ai pris ma revanche : Arles est une petite ville charmante, idéale pour marcher, donc je m’y suis bien baladé vu le beau temps de juillet. En tant qu’amateur de photographie, j’ai profité du pass des Rencontres de la photographie pour voir quasiment la moitié des expos, qui m’ont énormément plu, et pour découvrir beaucoup d’endroits historiques qui les accueillaient.
Comment s’est passé le séjour au Collège international des traducteurs littéraires ?
C’était ma deuxième fois au CITL. Par rapport à la première, où nous faisions tout.e.s partie de l’atelier ViceVersa — donc nous nous connaissions au fur et à mesure de l’atelier —, cette fois j’ai rencontré des traducteur.ice.s qui avaient, pour la plupart, des langues de travail différentes de l’espagnol et étaient plongé.e.s dans leurs projets.
C’est un peu un cliché, mais le CITL est un melting-pot de cultures, et pour moi c’était très touchant de parler avec quelqu’un que l’on ne connaît pas, mais avec qui on partage et on connecte immédiatement. L’ambiance de camaraderie a fait que je me sente vraiment comme chez moi. Un grand merci à Safia et à toute l’équipe ATLAS de rendre possible cet excellent séjour !

Comment s’est passée ton exploration dans le cadre du projet Archipelagos ?
Extrêmement bien. J’ai eu accès à des livres que je voulais lire depuis longtemps, mais qui étaient difficiles à trouver en Espagne : aussi bien des nouveautés comme des livres moins contemporains. Je tiens à dire qu’entre la bibliothèque du CITL et la médiathèque, je trouvé quasiment tout ce que je cherchais, voire plus : des heureuses découvertes —mention particulière au marque-page fait maison que j’ai trouvé dans un livre de la médiathèque.

As-tu déniché des « perles littéraires » pendant ton séjour ?
Oui ! J’ai trouvé plusieurs livres susceptibles, à mon avis, d’être traduits en espagnol. Mon projet portait sur Boris Vian et ses pièces de théâtre, mais il y a d’autres livres qui ont croisé mon chemin. Pour ne parler seulement d’un, il y a quatre ans j’ai traduit la biographie que Benoît Peeters a fait de Paul Valéry : on y citait un livre de Dominique Noguez, Les Trois Rimbaud (Minuit, 1986). Heureusement, il était disponible à la médiathèque. Je l’ai lu dans la matinée et étais époustouflé : Noguez imagine ce qu’il serait arrivé si le poète était rentré en France après son aventure africaine. C’est un petit essai de soixante pages où tout est absolument inventé : poèmes, interviews, citations, même photos… Intelligent et, aussi, marrant.

Quels sont les avantages de ce projet pour toi ?
L’avantage principal est bien sûr d’avoir, grâce à la bourse, le temps pour lire tranquillement ce qui m’intéresse en vue d’être traduit, car ce n’est malheureusement pas toujours le cas quand on travaille. Cela dit, il y a toujours des rencontres très stimulantes : j’ai fait la connaissance de Borja Mozo, qui est espagnol mais habite en Roumanie, et qui profitait aussi de la bourse Archipelagos : nous nous sommes très bien entendus, puisque nous avons beaucoup d’affinités littéraires, et il m’a recommandé plusieurs livres, en plus de me raconter plein d’anecdotes sur le monde de la traduction et de l’édition en Espagne. Il y avait aussi mon collège Juan Arranz en résidence, donc nous étions les trois mousquetaires espagnols !

Propos recueillis par Camille Sortino, volontaire en service civique avec ATLAS.
Retrouvez le portfolio de Mateo, et le fruit de ses recherches, sur archipelagos-eu.org/translators/
À propos d’Archipelagos
Archipelagos est un projet triennal lancé en janvier 2024, co-financé par le programme Europe Créative de l’Union européenne et, en France, par La Sofia et la Région Sud. Porté par ATLAS, en collaboration avec 11 partenaires, il a pour objectif de mettre en lumière, auprès des lecteurs et des professionnels du livre, la diversité des voix littéraires d’Europe et le travail d’exploration mené par les traducteur.rices littéraires.

Archipelagos is funded by the Creative Europe programme of the European Union. Views and opinions expressed are however those of the author(s) only and do not necessarily reflect those of the European Union. Neither the European Union nor the granting authority can be held responsible for them.